Barque la Savoie

C’était un projet un peu fou… Faire revivre la barque du Léman. Issu de l’amélioration des galères ce type de bateau à régné en maitre sur les eaux du lac Léman. Pendant plus d'un siècle, plus d'une centaines de bateaux construits par les chantiers navals de St-Gingolph, Meillerie, Genève, La Tour de Peilz, transporteront pierres de taille, enrochements, graviers des carrières de Meillerie et St-Gingolph vers les ports de Genève, Lausanne, Montreux. Evian, Thonon, entraînant une activé économique considérable. Pour nous parler de ce projet j’ai rencontré Michel Pittaco président de mémoire du Léman.


EDLV : Bonjour monsieur Pittaco, en quelle année le projet a-t-il vu le jour ?
Michel Pittaco : En 1992, nous étions alors un petit groupe, trois enseignants et deux navigateurs. A l’époque nous souhaitions faire revivre ce qui était pour nous le plus beau bateau du Léman. Le groupe c’est ensuite étoffé et en 1997 le chantier a vraiment démarré, pour se terminer en 2000.
EDLV : Ce fût un grand moment ?
MP : Effectivement ce jour-là à Thonon il y avait plus de 20 000 personnes pour voir la mise à l’eau, la fête fût très réussi et dura 2 jours.
EDLV : Pourtant très vite La Savoie a souffert ?
MP : Oui dès 2006 il a fallu commencer des entretiens, en changeant des bordés. La coque du bateau est à l’origine en sapin et mélèze des bois locaux. Mais comme disait Mr Cornaz écrivain grand spécialiste des bateaux du Léman je cite « ce genre de bateau ça peut durer 15 ou 50 ans, c’est la loterie »… Bon nous c’est plutôt 15 ans. Le choix du bois n’est pas en cause, ni les fournisseurs. C’est comme ça. Mais cela veut dire que depuis 2006 La barque est immobilisée tous les deux ans pour des travaux.
EDLV : Tous ces travaux coutent chers ?
MP : Oui, c’est pour ça que l’an dernier en 2014 La Savoie a subi de très gros travaux. Nous avons refait la quille et les bordés sous flottaison. Et sur les conseils du chantier naval Bernard (NDLR : Le chantier naval de l’Hermione) qui s’occupe des travaux, nous avons opté pour de l’iroko. Un bois exotique beaucoup plus résistant qui doit durer beaucoup, beaucoup plus longtemps.
EDLV : Quel a été le cout de cette première tranche ?
MP : Un peu moins de 800 000 €.
EDLV : Comment avez-vous financé une telle somme ?
MP : Avec nos fonds propres, mais surtout des aides du Conseil Général, de la Communauté de commune du pays d'Evian, de la fondation Sandoz en Suisse, un emprunt bancaire, notre souscription à la Fondation du patrimoine et des dons. Sans oublier les 2000 heures de travail offertes par nos bénévoles, sans qui cette aventure ne serait pas possible.
EDLV : Il reste une seconde tranche de travaux ?
MP : Absolument il reste des bordés, le plat bord, la partie supérieure de l’étrave, et la réfection du pont, prévue au départ, a été remise à plus tard faute de budget.
EDLV : Combien cela va couter et comment allez-vous financer ceci ?
MP : Un peu plus de 300 000 €, en plus des aides déjà citées nous aurons également le concours de la Région. Mais il manque encore des sous…
EDLV : Combien ?
MP : Il manque 100 000 €.
EDLV : Ou comptez-vous les trouver ?
MP : Auprès de toutes les bonnes volontés, les entreprises du Chablais, les dons, tous les fonds seront les bienvenus, pour que le bateau emblématique du Chablais continue à naviguer sur le Léman.
EDLV : Merci Monsieur Pittaco.
La barque La Savoie est le plus grand bateau à voile latine du monde, il pèse 100 T, mesure 35m de long pour 8.5 m de large, ses antennes fond 27 m, sont en épicéa, et ont été offerte par la commune de Châtel. Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.barquelasavoie.com