LE COURAGE ET LA VOLONTE DE PHILIPPE ZAABOUB RECOMPENSES.

LE SAMEDI 20 JUIN SE REUNISSAIT L’ASSOCIATION DU SECOURS EN MONTAGNE, POUR REMETTRE LA MEDAILLE DU MERITE A MR PHILIPPE ZAABOUB. C’EST L’OCCASION POUR L’EDLV DE RENDRE HOMMAGE A CES SAUVETEURS DE L’OMBRE ET DE PARTIR A LA RENCONTRE D’UN HOMME EXCEPTIONNEL.

EDLV : Salut Philippe, alors cette cérémonie s’est elle bien passée  ?
Philippe Zaaboub : Franchement c’était la classe, Roger Bouvet - premier président de l’association dans la vallée - était présent ainsi que l’actuel : Gilbert Vidal et Jean Luc Laborie responsable départemental, tous les maires de la vallée qui montrent par la même leur attachement à cette structure et à leurs membres. Tous présents pour me féliciter de mes 69 interventions, toutes répertoriées dans les bases de données du secours. Je tiens à rappeler que cette médaille a été demandée avant mon accident.
EDLV : Quelles étaient tes fonctions dans cette association  ?
P.Z : Je m’occupais du matériel (et il en faut beaucoup), des exercices et aussi des sorties relationnelles, celles qui servent à souder les équipes comme l’ascension du Weissmies par exemple (4023 m dans le Valais). Par ailleurs, cette mise en place des manœuvres nous permet de réviser les évacuations en terrain difficile mais aussi les interventions de nuit ou par brouillard, sur la glace, etc.
EDLV : La première fois que je t’ai vu, tu étais sur la place du village d’Abondance lors du pot d’accueil !
P.Z : Ah oui ça aussi c’est un pôle important de l’accueil des touristes : nous faisions beaucoup de prévention et d’information auprès des colonies et des vacanciers désireux de profiter de la montagne. Bien évidemment, quelqu’un qui se fait une cheville dans le village, ce n’est pas pareil qu’en haut de Tavaneuse par exemple. Dans ce dernier cas, tu pars pour 4 à 5 heures d’intervention. Alors, expliquer la conduite à tenir en cas de pépin est aussi de notre ressort. Certains pensent que la montagne l’été et l’hiver c’est la même chose, or il n’en n’est rien (les chemins disparaissent l’hiver).
EDLV : Tu me disais en aparté que vous êtes tous bénévoles ?
P.Z : Oui, clairement cette association loi 1901 n’a pas pour but le profit, mais tu sais comme moi qu’un sac montagne c’est 1000 euros environ (Deva, pelle, sonde...), sans parler des vêtements de montagne. Un petit coup de pouce serait le bienvenu, mais c’est surtout la reconnaissance des interventions qui pourrait être prise en compte. Lorsqu’on intervient de nuit par exemple et qu’au petit matin on doit se rendre sur les lieux de notre travail, une cotisation en points retraite ne serait pas négligeable (prise de risques, fatigue, etc.). Nous sommes les seuls services de secours dont le régime n’est pas pris en compte.

EDLV : Penses-tu poursuivre ta collaboration avec l’association ?
P.Z : Les membres du secours en montagne m’ont demandé d’envoyer des courriers et de faire du secrétariat. Alors pourquoi pas traiter ce genre de dossier, aider cette structure dans son fonctionnement. Chacun s’accorde à dire que la force du secours en montagne, c’est d’être composé de locaux qui connaissent bien le secteur et qui le cas échéant se repèrent parfaitement pour s’adapter au mieux à la situation.
EDLV : As-tu un souvenir particulier à évoquer ?
P.Z : Oui plein ! Mais un me revient en mémoire : un secours avec Jean-Claude Tupin  : on a retrouvé deux ados sur Tavaneuse en plein brouillard et je suis resté avec le gars qui se croyait perdu pendant que Jean-Claude s’occupait de l’autre. Les témoignages de leur reconnaissance vont droit au cœur.
EDLV : Le secours en montagne : «Une famille» ?
P.Z : Merci à vous tous de me soutenir dans les moments difficiles que je traverse. Cette remise de médaille m’a énormément touché et ému. Pendant toutes ces années au secours en montagne, j’ai rencontré des gens incroyables, de courage, de respect, de détermination : une famille. Dans les secours, j’ai vécu des joies, de la tristesse, mais on était toujours soudés, on savait que l’on pouvait compter les uns sur les autres, et ça s’est avéré juste ; ils ont été présents dès le début de mon accident. Merci mille fois, merci à tous les élus et les maires de la vallée, présents à cette cérémonie. Toutes les communes étaient représentées. Ça m’a été droit au cœur, prenez soin de vous !
EDLV : Merci Monsieur pour cette belle leçon... (WP/edlv)