RETOUR SUR LES INONDATIONS DANS LA VALLÉE

COMME PROMIS DANS LE DERNIER NUMERO NOUS SOUHAITIONS REVENIR SUR LES INONDATIONS ET FAIRE LE BILAN DE LA SITUATION UN MOIS APRES. AFIN D’AVOIR DES ECLAIRCISSEMENTS, NOUS AVONS RENCONTRE PAUL GIRARD-DESPRAULEX, MAIRE D’ABONDANCE.

EDLV : Bonjour Paul et merci d’avoir bien voulu répondre à nos quelques questions.
Voilà quasiment un mois qu’ont eu lieu les inondations. Quel est le bilan ?
Paul G-D : Dès 2009, un programme conséquent de mise en sécurité hydraulique du village a été mené, avec entre autres le canal de dérivation du Malève, qui protège le village des crues torrentielles (plutôt des orages) et la réalisation d’un bassin de rétention en amont du village. Le but de ces travaux est de collecter les eaux de la Dranse en cas de crue centennale identique à celle de 1944 (base pour les calculs du maître d’œuvre qui a coordonné le chantier).
Pour ces inondations, nous nous sommes rendus compte que cette cote de niveau avait été dépassée. Le pont des Cannevières a été saturé et, là aussi, l’aménagement fait en 2011 a permis d’éviter le pire. La digue a été remplie en 4 heures au lieu des 8 heures prévues dans les schémas. Sans ces travaux, une partie du village d’Abondance aurait été submergée par 1,50 m d’eau. Ces quelques jours ont été des moments difficiles à vivre. J’en profite pour remercier toute l’équipe du conseil municipal qui effectuait à tour de rôle des rondes de surveillance, le personnel communal, le CERD d’Abondance, les pompiers et les gendarmes, sans oublier «le camion grumier » qui était là pour enlever le bois et ainsi éviter les embâcles en amont des ponts. Nous nous sommes relayés nuit et jour pour éviter le pire. Nous notons des caves inondées et l’évacuation de la ferme de Martial par précaution. Nous n’avons eu ni blessé, ni dommage corporel. C’est ce qu’il faut retenir car cela peut aller très vite dans des conditions comme celles-ci. Tout a été bien négocié grâce à la solidarité. Au sein du village, nous avons eu des débordements. Le conseil municipal a donc déjà organisé des réunions avec les services de l’Etat et la DDT afin d’obtenir l’autorisation de déplacer, en contrebas du village, les sédiments charriés et déposés en face de la pharmacie. Ceci permettra de baisser le niveau de la Dranse. Un tel chantier a déjà été entrepris dans les années 80. Le lendemain des inondations, nous avons demandé l’aide du RTM (Restauration des Terrains de Montagne), qui dépend de l’ONF, pour nous aider et nous conseiller par rapport aux réparations à effectuer en urgence.
EDLV : Quels vont être les projets immédiats pour «réparer» les dégâts ?
Paul G-D : Les services de l’Etat nous ont autorisés à réparer au plus vite les dégâts, et ceci avant les orages de l’été. Ils nous ont épargné les procédures qui habituellement sont plus longues, tout en s’assurant du sérieux dans la manière de faire. Nous travaillons sur les endroits les plus dangereux (le mur sur la route de Froggy – un pont à Sous le Pas – et des propriétés privées à Miolène). Tous les chemins d’alpages sont maintenant ouverts car c’est la saison de l’emmontagnée. Il y a encore beaucoup de travail de finitions. On a paré au plus urgent pour que tout le monde puisse travailler. Nous demandons de la patience à ceux qui attendent encore !
EDLV : Quel endroit de la vallée a été le plus touché ?
Paul G-D : Je crois que toutes les communes ont été impactées.
EDLV : Et les bords de Dranse, dans combien temps pensez-vous qu’ils seront de nouveau praticable ?
Paul G-D : Les travaux ont démarré, 155 000 € ont été estimés pour réparer les dégâts. Une première partie va être débloquée pour rendre de nouveau le chemin accessible à la population et aux touristes. Nous espérons que cela sera possible dans un mois et demi. Pour le

moment, ils sont interdits au public car ils ne sont pas sécurisés.
EDLV : A combien chiffre t-on
les degâts ?
Paul G-D : Actuellement, le chiffrage n’est pas possible. Nous établissons des devis, mais nous n’avons pas de somme globale.EDLV : Combien de familles ont été réellement touché ?
Paul G-D : Il est difficile de savoir combien de familles ont été touchées. Ce que l’on peut retenir, c’est que grâce à la solidarité et aux travaux d’anticipation, le pire a été évité.
EDLV : Y a t-il eu une reconnaissance en l’état de catastrophe naturelle sur la vallée d’Abondance ?
Paul G-D : Les communes sont invitées à déposer un dossier de catastrophe naturelle qui sera jugé durant le mois de juillet. Aujourd’hui, Abondance a déposé le sien, il ne reste plus qu’à attendre.
EDLV : Pouvez-vous nous dire quelles sont les démarches à suivre pour les personnes qui ont des dégâts à déclarer et qui ne l’auraient pas encore fait ?
Paul G-D : Au lendemain des événements, le premier conseil donné aux personnes a été de déclarer le sinistre à leurs assurances (dans les 5 jours normalement) et je pense que tous l’ont déjà fait. Il faut maintenant attendre le classement en catastrophe naturelle (si nous sommes retenus). N’hésitez pas à venir à la mairie. On sera là pour vous conseiller et vous informer.
EDLV : Quels conseils donneriez-vous aux habitants pour éviter les soucis supplémentaires en cas d’inondations ?
Paul G-D : Cet épisode montre la nécessité de nettoyer et d’entretenir les bords des cours d’eau qui traversent les propriétés. Les bois, qui sont des embâcles potentiels et qui risquent de boucher les ponts, doivent être enlevés. Cette fois, la catastrophe a été évitée. Le message reste la prudence, la vigilance et l’entretien des cours d’eau.
EDLV : Bravo en tous les cas à tout ceux qui ont oeuvrés dans l’ombre et qui ont permis d’éviter le pire. (Sandrine Corbier/edlv)