SINSEMILIA ÉTAIT AU FESTIVAL LES ESCALES À SCIEZ

CE FESTIVAL S’INSCRIT DANS LE CADRE DES SEMAINES D’EDUCATION CONTRE LE RACISME. LE BUT ÉTANT DE VEHICULER DES MESSAGES DE TOLERANCE, DE VIVRE ENSEMBLE ET DE RESPECT. SINSEMILIA A REPONDU PRESENT A L’INVITATION, ET A BIEN VOULU NOUS RECEVOIR POUR UNE INTERVIEW EN TOUTE SIMPLICITÉ !


EDLV : Bonjour Mike, ça faisait un moment qu’on n’avait pas entendu Sinsémilia, du moins avec des nouveautés. Peux-tu nous rappeller quand et comment l’aventure a démarré  ?
Mike (chanteur) : Cette année, on attaque notre 24ème année de concerts. Le premier, c’était en 1991 pour la fête de la musique à Grenoble, mais ça faisait déjà quelques années qu’on jouait ensemble. On est plusieurs à être amis depuis l’école primaire : Riké (guitare et chant), Natty (basse), Roukin (percussions). Sinsémilia, c’est une longue histoire d’amitié. Après, très vite on a rencontré Ivan (batterie) et Karine (Saxo) qui étaient aussi fans de reggae. C’est comme ça qu’une bande d’ados s’est créée pour jouer du reggae. Aujourd’hui on est 11 sur scène.
EDLV : Avant de parler de votre nouvel album, revenons sur une des chansons phares de votre groupe  : «Tout le bonheur du monde». Ça vous a fait quoi d’entendre votre chanson reprise un peu partout et diffusée sur toutes les ondes ? Pas habituel pour vous ?
Mike : C’est clair, on est passé de très très peu diffusés en radio à : matraqués (rire), donc le choc a été assez violent ! Nous, ça nous faisait plaisir de voir qu’il y avait tout un grand public qui nous découvrait avec cette chanson. Après, on a essayé de maintenir le cap. On l’a bien géré, ça a plus perturbé notre public d’origine qui n’a pas compris ce qu’il se passait.
EDLV : Venons-en au nouvel album. C’est quoi le message ?
Mike : En fait, on trouve que la période est sombre et compliquée, alors ça aurait été tellement facile d’écrire un album sombre et rempli, soit de peur, soit de tristesse, soit de colère. Nous avons choisi d’adopter un parti pris empli d’espoir au milieu de tout ce bordel. D’où le titre de l’album : «Un autre monde est possible». On ne voulait donc pas d’un album grave, mais au contraire, nous avons voulu proposer des sources d’espoir. Cet album doit être un «Booster» plutôt qu’un assommoir.
EDLV : Qu’est ce qui a déterminé le nom de l’album «Un nouveau monde est possible» ? Comment choisi t-on le nom et qui décide ?
Mike : Comme d’habitude on définit le titre une fois que l’album est terminé. Très souvent je propose 3 ou 4 titres et on vote, et là j’en avais 2 : soit «L’espoir» soit «Un autre monde est possible». Du coup ça s’est imposé presque tout seul. C’est important car ça donne sa couleur globale à l’album.
EDLV : Sur la première chanson «Flash back» vous évoquez vos débuts ? Nostalgique d’une époque ?
Mike : Bien sûr et je l’assume. Je le dis dans le morceau car au fond de moi je suis nostalgique de nos premiers pas. Quand on aborde le chemin parcouru, on parcourt 20 ans de musique en 3 couplets. Mais, pour moi il ne s’agit pas de 20 ans de musique, il s’agit aussi de 20 ans de nos vies et j’évoque alors une période où j’avais 20 ans ! Je resterai toujours nostalgique de tout ce qu’on a pu vivre humainement... Mais toujours avec le sourire.
EDLV : Le nouvel album comporte une chanson avec Tiken Jah Fakoly . Votre rencontre date de quand ?
Mike : Ça fait longtemps, Tiken est l’oncle de notre premier clavier. La première tournée qu’il a faite en France c’était en première partie de Sinsémilia, en 1997 ! C’est un ami depuis cette époque là, je lui ai écrit des textes pour plusieurs de ses albums. On est très proche et on collabore régulièrement je vais souvent chez lui à Bamako. Ça fait des années que l’on savait qu’un jour on ferait un morceau ensemble. Mais on voulait attendre «LE» morceau. Quand j’ai commencé à écrire la chanson «Un autre monde est possible» je me suis dit que ces mots raisonneraient mieux dans sa bouche.

EDLV : DUB INC est venu sur la scène de Champéry (en Suisse) pour le Rock the pistes festival de cette année. À quand Sinsémilia en chaussures de ski sur scène ?
Mike : En effet, j’ai vu des photos de DUB INC : c’était classe. Et bien quand ils nous le proposeront se sera avec plaisir, c’est quand ils veulent...
EDLV : Je passe donc le message au programmateur du festival : Sinsémilia est partant pour la prochaine édition...
Prevoyez-vous des surprises sur la tournée ?
Mike : A coup sûr pour la dernière date au Summum à Grenoble le 18 décembre prochain, on veut vraiment marquer le coup ! Et après , ça se fera au feeling, en fonction des dates et des rencontres...
EDLV : Le plaisir d’être sur scène ne s’émousse pas depuis 25 ans ?
Mike : Non, nous éprouvons encore plus de plaisir qu’avant. Plus les années passent, plus on a conscience de la chance que nous avons de pouvoir faire ce qui nous passionne, simplement et avec plaisir.
EDLV : Merci beaucoup et belle tournée à vous (Sciez était la 4ème date sur les 60 concerts prévus). J’ai eu la chance de les voir deux fois sur scène : leur spectacle vaut vraiment le détour (info sur leur tournée :
www.echoprod.fr).
Le nouvel album est dans les bacs depuis fin mars. À voir et a écouter absolument  !

(Sandrine Corbier/EDLV)