MARYLINE : TOURNEUSE DE MANIVELLE

JOUEUSE D’ORGUE DE BARBARIE DEPUIS PLUS DE 20 ANS, MARYLINE A TOUJOURS UN PETIT AIR A FREDONNER QUAND VOUS SOUFFLEZ VOS BOUGIES AU RESTAURANT LES CORNETTES A LA CHAPELLE D’ABONDANCE. PASSIONNEE DE CHANSON FRANÇAISE, ELLE VOUS FAIT REDECOUVRIR LES INCONTOURNABLES DE SON REPERTOIRE ET VOUS PROMENE A TRAVERS LES TEMPS, EN ALTERNANT LES CHANSONS A TEXTE ET LES GRANDS SUCCES POPULAIRES...AH LE PETIT VIN BLANC...


EDLV : Bonjour Maryline, depuis combien de temps travaillez-vous aux Cornettes ?
Maryline : Bonjour, je travaille aux Cornettes depuis mai 1981, il y aura bientôt 34 ans.
EDLV : Et la première rencontre avec un orgue de Barbarie c’était quand ?
Maryline : La première fois, c’était il y a 23 ans. Gaby et Jeanine Trincaz ont décidé d’en acheter un pour Les Cornettes après une sortie chez Paul Bocuse où il y avait une personne qui jouait de l’orgue de Barbarie pour chaque anniversaire. C’est comme ça que tout a commencé.
EDLV : Comment est née cette passion ?
Maryline : Depuis toujours, je crois. J’ai en effet toujours aimé chanter.
EDLV : Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de l’orgue de Barbarie ?
Maryline : L’orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent classé dans les orgues. Il fait partie des «  automatophones », terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques.
EDLV : Comment appelle-t-on les feuilles qui passent dans l’orgue ?
Maryline : Les feuilles comme vous dîtes, ce sont des cartons perforés qui sont vendus au mètre.
EDLV : Combien coûte un orgue de Barbarie et les cartons  ?
Maryline : Le prix d’un orgue varie. Il y en a à partir de 2700 € et ça peut aller jusqu’à 10 000 €. Quant aux cartons, à raison de 6,10  € le mètre, il faut compter environ 60  € pour une chanson.
EDLV : Où trouve-t-on les cartons ?
Maryline : Je les commande chez M Marc Fournier, un des derniers fabricants d’orgues en France. Il fait également l’entretien et la réparation des orgues de Barbarie, il se trouve à Seyssuel dans l’Isère.
EDLV : Combien de chansons avez-vous en stock ?
Maryline : J’ai une trentaine de cartons pour l’orgue du restaurant et autant à la ferme de Papy Gaby où je chante tous les dimanches soirs.
EDLV : Avez-vous une chanson fétiche que vous aimez particulièrement chanter ?
Maryline : Ma chanson fétiche est «la montagne» de Jean Ferrat.
EDLV : Prenez-vous des cours de chant ?
Maryline : Non, je n’ai jamais pris de cours de chant.
EDLV : Quelle qualité faut-il avoir pour jouer de l’orgue de Barbarie ?
Maryline : Je pense que pour jouer de l’orgue il ne faut pas de qualité particulière. Il suffit de tourner la manivelle au bon rythme suivant la chanson. Je n’ai pas pris de cours et je ne sais pas s’il en existe, mais moi j’ai appris toute seule.
EDLV : Comment entretient-on un orgue de barbarie ?
Maryline : Il n’y a pas d’entretien particulier pour l’orgue, seul le rouleau qui entraîne les cartons s’use. Il faut donc le changer de temps en temps.
EDLV : En avez-vous plusieurs ?
Maryline : Nous avons 2 orgues : l’un voyage de table en table au restaurant, l’autre plus imposant et avec plus d’accords reste à demeure fixe à la ferme du Papy Gaby.
EDLV : À quelle occasion sortez- vous l’orgue de Barbarie ?
Maryline : Je m’en sers pour chaque anniversaire ou pour d’autres événements tels que mariage ou baptême et pour les banquets.
EDLV : Intervenez-vous sur des événements privés ?
Maryline : Je chante uniquement aux Cornettes, car j’y travaille en temps que réceptionniste et entre deux, je fais les anniversaires avec l’orgue de Barbarie.
EDLV : Avez-vous déjà visité le musée de la musique mécanique aux Gets et qu’en pensez-vous ?
Maryline : Oui, j’ai déjà visité le musée des Gets : c’est féérique, on y resterait des heures. Je conseille à tout le monde d’y aller.
EDLV : Avez-vous une ou plusieurs anecdotes autour de votre orgue de Barbarie ?
Maryline : Des anecdotes, il y en a beaucoup. Une fois, des clients m’ont appelée de Belgique : ils étaient dans une salle des fêtes pour un anniversaire et comme il n’avaient pas pu venir aux Cornettes ils m’ont demandé de leur chanter joyeux anniversaire par téléphone. (Sandrine Corbier/edlv)