LES METIERS DE LA MONTAGNE : RENCONTRE AVEC UN DAMEUR

TOUTES LES NUITS, LES DAMEURS OEUVRENT ET S’EFFORCENT DE VOUS OFFRIR DES PISTES LES PLUS AGREABLES POSSIBLE. NOUS AVONS RENCONTRE ANTHONY, DAMEUR A ABONDANCE, POUR EN APPRENDRE PLUS SUR SON METIER.


EDLV : Bonjour Anthony, depuis combien de temps es-tu dameur  ?
Anthony Buffet : Cela fait ma 6éme saison que je suis dameur. J’ai commencé l’année de la réouverture avec Woody.
EDLV : A quel âge es-tu monté pour la 1ère fois dans une dameuse ?
AB : Je devais avoir 14 ans environ, et c’était déjà dans la machine que je conduis aujourd’hui.
EDLV : En quoi consiste le métier de dameur ?
AB : Lorsqu’il ne neige pas, le métier consiste à couper les bosses et à remonter la neige formée et descendue par les skieurs afin d’avoir chaque jour de jolies pistes et assurer une meilleure fin de saison possible. Et sinon, lorsqu’il neige, à rouler la neige avant l’ouverture des pistes.
EDLV : Comment devient-on dameur, quelle formation faut-il avoir ?
AB : Il n’y a pas de formation obligatoire. Les premiers jours, un dameur expérimenté monte à nos cotés pour nous expliquer comment fonctionne la machine et nous donner un maximum de conseils, ensuite ça vient avec la pratique.
EDLV : Est-ce qu’il y a des femmes dameuses ?
AB : Oui bien sûr. Pas à Abondance, mais il y en a.
EDLV : Combien êtes-vous sur Abondance ?
AB : Nous sommes 3  : 2 en permanence sur le domaine, plus un qui tourne pour les congés.
EDLV : Qu’est ce qui t’a donné envie de faire ce métier ?
AB : Tous les enfants aiment les gros engins dans ce genre. Je suis resté un grand enfant.
EDLV : C’est quoi les horaires de travail ?
AB : Si il neige ou si les canons à neige sont en fonctionnement, on travaille le matin, soit  : 3h - 9h environ. Sinon on travaille le soir à la fermeture des pistes jusqu’à 22h environ.
EDLV : Comment se passe une soirée type ?
AB : Pour commencer il faut des forces, donc direction le restaurant pour une crêpe Nutella. On commence par faire notre entretien journalier. Ensuite on démarre les machines : elles chauffent pendant que l’on discute des travaux demandés par les différents services du domaine skiable. On se met d’accord sur qui fait quoi et c’est parti. En fin de poste on fait le plein des machines pour qu’elles soient prêtes pour le lendemain, on les range et c’est fini.
EDLV : Quels sont les avantages d’être dameur ?
AB : Quand la température baisse et que les gens mettent un pull, nous on augmente un peu le chauffage et on travaille au chaud !
EDLV : Combien de kilomètres faites-vous en une journée ou une soirée ?
AB : Franchement aucune idée, il n’y a pas de compteur kilométrique sur nos machines.
EDLV : Il y a différentes tailles de dameuses ? Combien avez-vous de dameuses sur Abondance ?
AB : Oui, il y en a de petites pour le fond et des standards comme les nôtres. Et certaines, un peu plus grosses mais que l’on ne trouve que dans les grandes stations. On a 2 machines qui tournent tous les jours et une qui ne sert qu’en dépannage lorsque l’une des deux autres est en panne.
EDLV : Comment faites-vous en début de saison quand il n’y a pas beaucoup de neige pour réussir à damer ?
AB : On roule doucement et on ne se sert que très peu de la lame.
EDLV : Vous arrive-t-il de voir des animaux ?
AB : Oui ça arrive. Des lapins souvent, une fois un cerf.
EDLV : Êtes-vous déjà resté bloqué par trop de neige ou par de la glace ?
AB : Il arrive que l’on doive adapter notre ftechnique de travail, mais c’est rare que la neige ou la glace nous bloque.
EDLV : Comment ça se passe pour la connaissance des pistes, la connaissance du manteau neigeux, pour devenir un pilote expérimenté ?
AB : Il faut pratiquer, demander conseil à des collègues plus expérimentés : Jean-Michel Curdy pour ma part. Et ne pas hésiter à venir skier de temps en temps pour évaluer en journée, en situation d’utilisateur, la qualité de notre travail.
EDLV : Et hors saison vous faites quoi ?
AB : Je suis électro-mécano aux Eaux d’Evian depuis 4 ans.
EDLV : En tous les cas, merci pour votre travail car les pistes d’Abondance, c’est un vrai plaisir... (Sandrine Corbier/edlv)