Les Aigles du léman | Jacques Olivier Travers

Qui n’a jamais rêvé de voler ? Icare déjà avait caressé cet espoir… Bon nous savons comment cela c’est terminé !
J’ai rencontré Jacques Oliver Travers, lui ne vole pas quoique, mais il est le fondateur du parc animalier des Aigles du Léman à Sciez. Vous pensez connaître ce parc ? Pas si sûr…


EDLV : Jacques Olivier Bonjour, à quand remonte votre passion pour les oiseaux ?
Jacques Olivier Travers : Il y a fort longtemps… Tout petit, mais ma première expérience en tant que soigneur remonte à mes douze ans. Comme pour beaucoup d’enfant j’ai recueilli des oiseaux tombés du nid. Il s’agissait de deux pies. Autant vous dire que l’expérience a tourné court. J’ai fait tout ce qu’il ne fallait pas faire… Je leurs ai donné du pain et du lait à manger, elles ont vécues trois jours et terminé.
EDLV : Cela ne vous a pas découragé ?
JOT : Oh non, je me suis accroché et surtout j’ai appris.
EDLV : Et l’idée du parc des Aigles du Léman ?
JOT : C’est pareil, elle est très ancienne, j’ai commencé à prospecter et à faire du repérage pour le parc en 1993, j’avais 21 ans, j’ai eu du mal à trouver l’endroit idéal. Mais un jour j’ai trouvé à Sciez sur Léman.
EDLV : Et le parc a ouvert quand ?
JOT : Précisément le 28 avril 1997.
EDLV : Cela a été long !
JOT : Oui, mais lorsqu’on est jeune, et que l’on a un projet un peu hors norme, ce n’est pas facile de convaincre, les propriétaires, les banquiers et parfois même sa famille. Mais avec un peu de persévérance…
EDLV : Aujourd’hui le parc est une belle réussite ?
JOT : Oui plutôt, nous sommes 7 permanents et 23 en saison, le budget du parc est à l’équilibre, et tout ça sans aucune subventions. Nous avons fais le choix d’ouvrir le parc trois mois par an. Pour offrir le meilleur accueil aux visiteurs.
EDLV : Parlons justement du parc et surtout des animaux !
JOT : Le parc en chiffre c’est 9 hectares, 170 oiseaux dont 150 rapaces, 58 espèces différentes et 6 spectacles par jour dont 1 est renouvelé tous les ans. Mais c’est surtout une grande passion pour les grands rapaces.
EDLV : Justement d’où viennent-ils ces grands rapaces ?
JOT : Pas de l’état sauvage, c’est interdit, sauf cas très exceptionnel. Ils viennent des naissances internes et d’échanges avec d’autres zoos ou parc.
EDLV : Des naissances ??
JOT : Oui, nous sommes très engagés dans la conservation de certaines espèces très rares. Notre grande fierté c’est la reproduction. Arriver à faire reproduire les oiseaux c’est compliqué. D’autant que les grands rapaces pour la plupart ont un cycle de reproduction lent. Un condor des Andes peut faire un bébé tous les deux ans et pour cette espèce il y a en moyenne 12 à 15 naissances dans le monde par an. Pour l’aigle couronné il n’y a eu qu’une seule naissance en Europe en vingt ans. Ces animaux sont beaux, majestueux mais en grand danger…
EDLV : Je crois savoir que parmi eux vous avez un chouchou ?
JOT : C’est exact il s’agit du Pygargue à queue blanche appelé également grand aigle de mer, aigle barbu, huard, orfraie… disparu d’Europe il y a deux cents ans. Nous avons un couple pour qui nous avons construit une volière de 4200 m², il s’agit de la plus grande volière d’aigle d’Europe. Eux je les adore !! Dans cette volière, ils ont fait leur nid. Notre but est qu’ils se reproduisent. En mars, miracle un petit est né mais ils l’ont mangé… Ils sont jeunes et sans expériences, ils recommenceront et ne referont pas la même erreur.
EDLV : Il y a des stars aux Aigles du Léman.
JOT : Je le confirme, par exemple Darshan sa vidéo du vol de au-dessus de Dubaï à fait le tour du monde ! Elle est devenue la vidéo la plus vue de toute l'histoire sur BBC World Wild. C’est l’autre partie de nos activités, le cinéma, la publicité et les documentaires, ceci nous occupe tout au long de l’année.
EDLV : Et votre programme FREEDOM Conservation !
JOT : Oui c’est un programme que j’ai mis au point et développer pour réintroduire dans la nature des aigles nés en captivités, cela consiste à voler avec eux en parapente pour leurs apprendre la liberté et au fil du temps les rendre autonomes. Le programme permet aussi la sensibilisation du public à la nécessité de préserver les rapaces à travers des exploits sportifs.
EDLV : Je profite du fauconnier expérimenté que vous êtes pour vous demander ce que vous pensez des attaques de randonneurs par les buses ?
JOT : (Rires…) Les buses sont des animaux sauvages, en tant que tel protège leur nid. La buse va prévenir le randonneur en poussant des cris, qu’il s’approche d’une zone interdite (Moins de 50 m du nid). Malheureusement le randonneur lui n’entend pas l’avertissement, par méconnaissance, et donc lorsque vous dépasser le nid et que vous êtes de dos, la buse ce dit que le message est bien passé, que vous fuyiez et donc juste pour en rajouter une couche elle vient vous mettre un petit coup sur la tête. En général ce n’est pas bien méchant. La buse est un peu fourbe il faut le dire !
EDLV : Merci beaucoup pour toutes ces informations Jacques Olivier, et longue vie Aux Aigles du Léman.