MADAME GODAR : DIRECTRICE DU COLLÈGE DU VAL D’ABONDANCE

EDLV : Bonjour Madame Godar Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Marie-Estelle Godar : Je suis née dans le nord de l’Alsace et y ai passé mon enfance. J’étais élève à l’Institution Sainte Philomène à Haguenau (fondée par mon arrière grandoncle qui était évêque!) avant de rejoindre le lycée public. Proche de la nature, j’ai eu l’occasion de pratiquer beaucoup de sports différents dont ceux de montagne. J’ai aussi joué du piano et plus tard du violon.

EDLV : Quel est votre parcours professionel ?

Marie-Estelle Godar : J’ai fait des études en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et Sciences de l’éducation à l’Université de Strasbourg et à Paris. Cela m’a amenée à devenir professeur d’EPS pendant quelques années en France et à Vienne, en Autriche. Après l’Agrégation, j’ai enseigné à l’Université de Strasbourg puis j’ai passé le concours de Personnel de direction. J’ai dirigé plusieurs établissements très différents : lycées en Alsace et en Italie, collège du Chambon-sur-Lignon, Ecole de danse de l’Opéra de Paris (celle des «petits rats»!)... J’ai beaucoup bougé, comme vous voyez. Changer d’environnement et découvrir de nouveaux établissements scolaires très différents les uns des autres est très important pour moi.

EDLV : Comment devient-on «principale de collège» ?

Marie-Estelle Godar : Pour devenir principal, il faut avoir étudié 5 ans après le bac et avoir enseigné ou été CPE pendant trois ans au moins. Puis on passe un concours : une épreuve de sélection sur dossier (et une épreuve écrite de droit quand j’ai passé le concours mais qui a disparu). Les candidats retenus passent les épreuves d’admission : une étude de cas concret de ce qui peut se passer dans un établissement scolaire et un entretien devant un jury de trois ou quatre personnes. Il faut être motivé et bien préparé pour réussir ! Aujourd’hui, quelques chefs d’établissements ne sont pas issus du monde enseignant, mais c’est très rare.

EDLV : C’est quoi votre rôle au sein du collège ?

Marie-Estelle Godar : C’est très simple et parfois très compliqué: je suis responsable de tout ! Je pourvois et je prévois. Mes tâches sont très diversifi ées. Je dirige une équipe d’une trentaine de personnes. Il faut impulser et mettre en oeuvre le projet pédagogique, organiser, administrer, assurer la sécurité de tous... et surtout tout mettre en oeuvre pour que les personnels et les élèves se sentent bien au collège et réussissent leur scolarité. Il y a donc des moments où je suis seule dans mon bureau pour réfl échir et travailler, d’autres en réunion, en rencontres avec les parents ou les nombreux partenaires avec lesquels nous collaborons. Il faut aussi résoudre tous les problèmes qui se présentent, et il ne manquent pas ! Heureusement, je suis assistée dans ces tâches par des collaborateurs engagés, motivés et compétents. C’est une chance ! J’aime beaucoup mon métier.

EDLV : Vous plaisez-vous dans la vallée d’Abondance ?

Marie-Estelle Godar : Oui, bien sûr ! J’ai choisi de venir car il y a quelques années j’étais venue faire une randonnées aux Cornettes de Bise et j’en avais gardé un souvenir incroyable. Lorsque j’ai vu que le poste d’Abondance était libre, je l’ai demandé, parmi d’autres. Après 7 années passées à Paris, j’avais envie de me rapprocher de la montagne pour mieux préparer les treks lointains que je fais en été. L’un des derniers était le tour du Mustagh Ata, une montagne magnifi que de plus de 7500 m d’altitude située dans le Xing Jiang, à l’ouest de la Chine, aux confi ns de l’Himalaya, du Pamir et du Karakorum. La vallée d’Abondance est très belle et garde encore une certaine authenticité. Les gens sont accueillants et l’on peut pratiquer beaucoup de sports de pleine nature ! Il y a un vrai patrimoine naturel et culturel que j’apprécie. Sans parler du fromage qui fait aussi partie de ce patrimoine et ajoute à la singularité de la vallée.

EDLV : Pouvez-vous nous parler un peu de votre journal «Le p’tit collégien» il sort combien de fois par an ? On peut l’acheter où ?...

Marie-Estelle Godar : Le P’tit collégien existe depuis 2 ans. Il a été créé par Mme Navarro, documentaliste. Trois à quatre numéros paraissent par an. Il comprend différentes rubriques : vie du collège, vie des villages, vie des élèves, vie des animaux, des sportifs, des gourmands...Tous les membres de la communauté éducative peuvent s’y exprimer. Pour le numéro 7, dernier paru, la classe de Madame Command, directrice de l’école d’Abondance, a participé en s’intéressant au journalisme. Ce petit journal illustre de nombreuses photos et donne un refl et du collège et de son environnement. Il est en vente au collège, essentiellement par les élèves. Quelques exemplaires sont déposés à l’Offi ce du tourisme d’Abondance et Mme Ferrari en propose dans son magasin. Nous les remercions pour leur aide.

EDLV : L’argent collecté sert à quoi ?

Marie-Estelle Godar : Il est vendu au prix de 0,50 centimes. Cet argent sert à fi nancer la fabrication et la publication. Mais le 2CVA nous subventionne désormais et cela est une aide considérable et très appréciée. Sans cela, nous n’aurions pas pu continuer. Nous les remercions de ce précieux soutien.

EDLV : Quels sont les projets du collège pour l’année 2016 ?

Marie-Estelle Godar : Ils sont nombreux et portés par l’ensemble de l’équipe éducative, grâce à l’adhésion des parents et souvent au soutien de partenaires extérieurs. 3 voyages sont organisés cette année : les 6ème partiront en Provence (c’est une vieille habitude !), les 4ème en Italie et les 3ème à Londres. Il y a des projets soutenus par le Conseil départemental : savoir nager en 6éme, «savoir skier» en 5éme avec l’appui de la commune de La Chapelle d’Abondance qui donne gratuitement l’accès au domaine nordique et les élèves découvrent aussi le parcours du Lac des Plagnes, la randonnée pédestre... Nous avons aussi un projet de «médiation par les pairs» où les élèves apprennent à résoudre de petits confl its sans l’aide d’un adulte. Les élèves ont aussi des actions de prévention en matière de santé, de sexualité, de nutrition, de sécurité routière... Par ailleurs de nombreuses sorties à la journée sont organisées. Cette année nous avons aussi créé un orchestre du collège. Une vingtaine de musiciens répètent tous les lundi sous la baguette de M. Blanc, professeur de musique, ou d’une élève apprentie chef d’orchestre. Un trio, issu de l’orchestre des Pays de Savoie, viendra aussi au collège pour initier les 6ème à cette forme de musique classique. Nous poursuivons aussi l’action de solidarité avec le Népal. Voilà quelques exemples. Tous ces projets sont bien sûr articulés aux programmes d’enseignement.

EDLV : Merci beaucoup pour cet entretien. Avez-vous quelquechose à rajouter ?

Marie-Estelle Godar : Merci de m’avoir donné la possibilité de mieux faire connaître le collège du Val d’Abondance.

(Sandrine Corbier/edlv)